Naissance : Quatuor no. 2 de Frédéric Pattar

Juil 27, 2015

QBela_F. Pattar_Rémy Jannin

Le 16 juillet 2015, a été créé le Quatuor no. 2 de Frédéric Pattar, que nous attendions depuis bien longtemps : nous espérons que vous pourrez nombreux, venir le découvrir lors des prochains concerts  !

    Voici quelques témoignages de ceux et celles qui étaient là ce soir là, dans l’acoustique généreuse de l’Eglise de la Grave, pour le Festival Messiaen au Pays de la Meije :

    Un fidèle compagnonnage lie les Bela au compositeur dijonnais Frédéric Pattar (1969). Sa pièce aux contours très ciselés instaure une sorte de théâtre de sons aussi inventif que subtil, donnant à chaque membre du quatuor un rôle soliste. Les sonorités con sordino évoluent dans des registres inhabituels, engendrant une chorégraphie de gestes et de figures sonores flexibles, qui captivent l’œil autant que l’oreille. Rien ne lasse dans cette « mise en scène » tirée au cordeau, à la faveur d’un engagement et d’une concentration de nos quatre « acteurs » qui forcent l’admiration.
    Michèle Tosi, Resmusica

    Le Deuxième Quatuor de Frédéric Pattar (né en 1969) et Vertical Speed de Laurent Durupt (né en 1978) étaient donnés en création mondiale. Ces compositeurs de la jeune génération (celle dont les maîtres – Gilbert Amy pour l’un, Allain Gaussin pour le second – furent eux-mêmes élèves de Messiaen) créent dans leur œuvre une dramaturgie purement instrumentale. Elle est d’une extrême finesse dans le quatuor de Frédéric Pattar où chaque musicien devient soliste à son tour, avec son propre caractère et sans que jamais l’œuvre ne revienne sur ses pas : le paysage sonore s’élargit progressivement à ce jeu de regards croisés, que l’on devine écrit sur mesure pour l’excellent Quatuor Béla, tout autant impeccable dans l’écriture rectiligne de François-Bernard Mâche (Eridan, 1986) que dans les variations mélodiques et harmoniques de Benjamin Britten (Quatuor n°2, 1945).
    Jean-Guillaume Lebrun, Concertclassic.com

    La création de Frédéric Pattar, singulière, riche et exigeante, tant elle est fine, colorée, élancée, tendue, rythmiquement et harmoniquement complexe, est à la fois d’une rare difficulté d’exécution et extrêmement signifiante. Ce qui lui donne un tour dramatique et lyrique incroyablement prégnant. Né à Dijon en 1969, élève de Gilbert Amy au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Lyon, études qu’il a complétées par un cursus de composition et d’informatique de l’Ircam en 1999, lauréat de la Fondation Boucourechliev en 2005, en résidence au DAAD Künstlerprogramm de Berlin en 2010, marqué par le matérialisme poétique de Gaston Bachelard, Frédéric Pattar se préoccupe principalement d’articulation entre musique, texte et représentation visuelle. Dans ses œuvres, les flux rythmiques déferlent en vagues continues et nourrissent la toile harmonique, créant ainsi des perspectives sonores souvent inouïes. L’on retrouve toutes ces caractéristiques dans le Quatuor à cordes n° 2 dont il vient de confier la création au Quatuor Béla, qui s’est joué de toutes les difficultés de l’œuvre nouvelle avec une dextérité impressionnante. La partition est construite en un mouvement unique subdivisée en quatre parties, et chaque instrument est traité en soliste. L’œuvre est ouverte par le premier violon jouant sur la chanterelle sur la nuance pianissimo, tandis que les autres instruments émettent le son du vent, avant de se faire de plus en plus présents, émettant de véritables fusées de sons. Le quatuor est tout en dentelles, en légèreté, les ourlets étant finement couturés. Les pizzicati et les piqués d’archets sont finement rythmés, l’œuvre entière trahissant la sensibilité à fleur de peau du compositeur.
    Blog de Bruno Serrou

    Photographie : Frédéric Pattar, par Rémy Jannin.