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Impressions d’Afrique
Moriba KOÏTA, Kévin VOLANS, Frédéric AURIER

 » Ce disque est le fruit de notre émerveillement pour les musiques d’Afrique. Les pièces enregistrées ici témoignent d’un cheminement long de plusieurs années. Pour nous autres, musiciens d’un quatuor à cordes, l’Afrique semble être un continent bien éloigné de nos terres artistiques. Et pourtant…
Au départ, il y a eu la fascination pour la cora, les chants polyphoniques pygmées, le bolel éthiopien… des heures à dévorer les merveilleux disques du label Ocora !
Ensuite vint la découverte de l’univers singulier du compositeur Kevin Volans, un pont improbable et génial entre culture zoulou et avant-garde occidentale. C’était davantage une vision transposée, stylisée du continent africain qui s’offrait à nous. Il faut saluer ici l’intrépide Kronos Quartet, qui le premier a porté au disque ce fantastique White Man Sleeps.
Puis c’est à l’occasion de notre enregistrement des quatuors de Ligeti que nous avons rencontré Simha Arom, le grand ethnomusicologue spécialiste de la musique des pygmées Aka. Son érudition et les souvenirs incroyables de ses expéditions en Centrafrique, nous ont encouragés à explorer nous-même la richesse musicale de ce grand continent.
Entre temps, j’avais écrit Impressions d’Afrique, suite à une commande de Luc Dedreuil, pour le quatuor de violoncelles Alexander, dont nous jouons à présent la version pour quatuor à cordes. Les images sonores convoquées dans la pièce sont « réellement » fantasmagoriques, à la fois caricatures de nos images d’Epinal sur le continent noir, et rêves intangibles d’un jardin d’Eden africain. Michel Leiris, dans son livre L’Afrique Fantôme, décrit autant ce qu’il voit que ce qu’il ressent ou comment il est lui-même transformé par le voyage. De la même façon, Impressions d’Afrique, c’est ce « coin d’Afrique » qui fait partie de notre imaginaire commun, un monde que, pour ma part, même quelques séjours au Gabon ou au Congo n’ont pas effacé totalement.

Enfin il y a eu la rencontre avec Moriba. Quand Philippe Conrath, directeur du festival Africolor, nous a proposé de partager la scène avec un musicien africain, c’est notre chère Charlotte De Jésus, administratrice du quatuor, qui a tout de suite pensé à Moriba Koïta, et qui nous l’a présenté. Nous fûmes alors en prise directe avec le Mali, et la tradition des griots. Avant de prendre la mesure de l’homme-mémoire qu’était Moriba, nous avons été tout d’abord impressionnés par sa virtuosité instrumentale. Le langage musical, la manière de composer, de travailler, de « s’y prendre », étaient tellement différents, le fossé entre notation musicale et mémorisation des formules mélodiques tellement abyssal, que l’ambition de jouer ensemble notre musique nous est parfois apparue comme inatteignable. Mais le désir de partager un véritable objet musical qui n’aurait appartenu qu’à nous cinq a été le plus fort. Et c’est peut-être parce qu’il a fallu faire tant de chemin les uns vers les autres, que nous avons pu tisser une relation particulière avec Moriba, intense d’estime et d’amitié, une relation qui, elle aussi, n’appartenait qu’à nous.
Le 22 septembre 2016, jour anniversaire de l’indépendance du Mali dont il aura été sans conteste l’un des plus grands ambassadeurs culturels, Moriba Koïta nous a quittés. Ce disque lui est dédié. »

Frédéric Aurier, pour le Quatuor Béla

Métamorphoses nocturnes
György LIGETI

« György Ligeti, enfant, dessine sur un cahier les cartes d’un monde imaginaire. Il se cache dans le grenier pour lire des contes, une vieille horloge égrène son tic-tac, les toiles d’araignées forment des labyrinthes jolis et mortels. Il s’entraîne sur le vieux piano paternel, il découvre les symphonies de Beethoven, sur le chemin du conservatoire il entend les musiques tziganes qui s’échappent des tavernes. Il aime ces deux musiques, l’une savante l’autre populaire, elles ne s’opposent pas et se répondent harmonieusement ou comiquement dans son esprit. Le petit György rêve.
Plus tard, il est jeune compositeur, le régime politique de son pays se durcit, la culture est mise sous tutelle et les inventions ou trouvailles musicales sont proscrites, la nouveauté est l’ennemie du peuple. Bartók, le maître tant admiré s’enfuit puis meurt en exil.
Ligeti est contraint d’écrire de la musique dans un style officiel, cela se résume le plus souvent à arranger des thèmes traditionnels pour diverses formations. II écrit en secret des œuvres plus ambitieuses et nouvelles.
En 1956, après avoir subi le joug du nazisme puis du soviétisme, Ligeti, au péril de sa vie, s’enfuit. De l’autre côté du mur, il écrit enfin comme il l’entend. Il découvre le monde immense, les musiques extra-européennes, électroniques, rock, free-jazz, entendues jusque-là à travers les ondes brouillées des radios clandestines…
Progressivement, les influences musicales se réconcilient à nouveau dans son esprit et dans son cœur, et du fin fond de sa mémoire ressurgit son cher monde imaginaire. Il s’y réfugie souvent et il n’est pas rare d’entendre dans ses œuvres un violoniste tzigane qui aurait été initié à la musique des Pygmées Aka, une valse liquide montée sur ressorts, ou une fanfare de klaxons perdue au milieu d’une fable gothique. Ligeti disparaît en 2006, nous laissant une œuvre essentielle et l’image d’un homme libre, attentif aux mouvements du monde. »

Plier / Déplier
Thierry BLONDEAU & Daniel D’ADAMO

« Plier-Déplier est l’œuvre commune de Daniel D’Adamo et de Thierry Blondeau écrite pour le Quatuor Béla. Les deux compositeurs ont su mettre à profit leurs différences : l’un est plus préoccupé par le temps et l’autre par la matière. En intercalant leurs feuillets, ils ont su marier leurs appétences en une composition homogène. »